| Les idées reçues sur le Canada et/ou le Québec. |
Le Canada, enfoui sous 1 m de neige d'octobre à mai, abrite de rudes gaillards barbus vêtus de chemises rouge à carreaux. Pendant qu'ils vont taquiner le castor et le raton laveur dans les forêts de sapin, leurs femmes, solides gaillardes blondes avec des tresses, restent dans la cabane en bois et préparent la soupe aux pois et le ragoût de caribou, tout en s'occupant de leurs 8 enfants. Les moyens de locomotion en hiver sont les raquettes, les skis de fond et le skidoo (motoneige). En été, on utilise le véhicule tout terrain, le canoë et l'hydravion. Les Québécois parlent le français du XVIe siècle, ainsi que l'anglo-américain et l'iroquois. Évidemment ce n'est pas ça. Mais on a parfois l'impression que c'est l'image des Canadiens qu'ont en tête les Européens, voire même les Américains.
Plus sérieusement, voici quelques idées fausses réellement entendues de la bouche de personnes qui n'ont visiblement jamais mis les pieds au Canada.
1) En hiver, les Montréalais vivent sous terre, une véritable ville souterraine remplace la ville en surface. Ce n'est pas tout à fait exact. Ceux qui vont travailler au centre-ville en voiture où qui habitent en face du métro peuvent effectivement se contenter de ne rester que quelques petites minutes par jour à l'extérieur. En effet, les parkings des grands immeubles de bureau du centre-ville sont le plus souvent dans le bâtiment, et ces mêmes immeubles sont parfois reliés directement au métro par le sous-sol. De même qu'il y a un vaste réseau de galeries marchandes qui communiquent également avec le métro (comme les Halles à Paris). Mais ce système de ville souterraine ou intérieure se cantonne au centre-ville, et le métro ne couvre pas l'ensemble de la ville. Tôt ou tard, tout montréalais est bien obligé de passer un petit moment dehors par -9°C de moyenne.
2) Les Canadiens sont tous bilingues Français - Anglais. FAUX. Il y a bien-sûr plus de bilingues que dans d'autres pays car tous les Canadiens apprennent les deux langues à l'école mais peu d'entre eux en ont réellement besoin, et sans pratique, on oublie vite. La plupart des régions du Canada sont unilingues, soit anglophones, soit francophones. Les gens y travaillent, écoutent la télé et la radio et lisent les journaux dans leur langue maternelle. Ils n'ont pas besoin de l'autre langue officielle. Mais il y a des régions bilingues, à savoir la région de Montréal (surtout l'Ouest de la ville), Ottawa et ses environs (à la frontière du Québec et de l'Ontario), et le Nouveau-Brunswick. Les gens de ces régions sont amenés à utiliser plus ou moins souvent le français et l'anglais. Les meilleurs bilingues sont les francophones vivant en milieu anglophone (qu'on retrouve au Nouveau Brunswick et en Ontario), ainsi que les anglophones du Québec (qui vivent essentiellement à Montréal).
3) En hiver, à Montréal, il fait - 40°C. FAUX. -40 c'est la température moyenne en hiver au Pôle Nord. En janvier il fait en moyenne -7°C pendant la journée ( et environ -13°C la nuit). C'est suffisamment froid comme ça, n'en rajoutez pas ! Mais il est exact que s'il y a beaucoup de vent et qu'il fait -20°C, on a l'impression qu'il fait -40° (c'est le "facteur vent"). Le record absolu à Montréal fut selon les sources situé entre -39 et -37 mais c'est rare qu'il fasse en dessous de -25.
4) Les Québécois ont beaucoup d'enfants. C'était vrai autrefois, dans un passé parfois proche pour certaines familles (Céline Dion a 13 frères et sœurs). On a appelé cela la revanche des berceaux. En effet, malgré la perte du Canada par la France, la population d'origine française, était restée très longtemps plus importante que la population britannique, grâce à une natalité bien supérieure à celle des anglo-canadiens. Mais la population anglophone devient majoritaire grâce à l'immigration de Britanniques et d'Irlandais. A partir des années soixante, c'est la fin du baby-boom au Québec comme dans le reste de l'occident. Le Québec est à présent un des pays où la natalité est la plus basse, avec l'Italie par exemple (un autre pays où les familles étaient nombreuses autrefois).
5) Les Québécois parlent le français du XVIIIe siècle. Pas plus que les Français. C'est juste qu'il y a des mots qui ont disparu de France et qui sont restés au Québec. L'inverse est vrai, on dit encore parfois "moult" pour "beaucoup" en France, alors que les Québécois ne l'utilisent pas. De toutes manières le français du XVIIIe siècle et celui d'aujourd'hui, c'est presque la même chose.