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El Menzah et Mutuelleville

1:arrivée

2:Zarzis

3:Zarzis (2)

4:Jerba

5:Matmata

6:Tataouine

7:Jerba (2)

8:Zarzis (3)

9:Tunis

10:Sidi Bou/Carthage

11:Medina

12:El Menzah/Mutu

13:Le Bardo

14:Belvédère

15:Remarques

16:souvenirs

         

 

Avenue Mohamed V
On attrape un taxi. Je demande au chauffeur ce qu’il est advenu de l’école Scipion. Il pense qu’elle n’existe plus et qu’il y a un grand immeuble d’affaire à la place. Effectivement il y a un immeuble à l’emplacement présumé. Comme il n’y a plus rien à voir, on continue sur El Menzah-centre sans descendre du taxi. Sur l’avenue Mohamed V, côté lac, il y a des grands ensembles : palais de la foire, palais des congrès, etc. Des immenses bâtiments qui n’existaient pas il y a vingt ans. Il y a aussi un parc des sports, avec des terrains. On y allait avec l'école quand j’étais à Scipion. 

 

 

       

El Menzah-Centre.

Place Pasteur, avenue Charles Nicole. Si le chauffeur n'avais pas su pas le chemin, j’aurais pu le lui indiquer. Un peu avant l'endroit où il faut tourner à gauche, j’indique au chauffeur qu’on n’est pas loin de la rue des sports. Mais il le sait. La voiture s’arrête devant le N°2 : ça fait drôle quand même. Une impression de déjà vu. Une sorte de raccourci dans le temps, comme s'il ne s'était rien passé entre 1978 et 2003. Nous payons le chauffeur, 2 ou 3 dinars. Le taxi ne coûte pas grand-chose. La rue des Sports semble ne pas avoir changé depuis 1978. Il faut dire qu’il n’y avait plus d’emplacement pour une nouvelle maison déjà à l’époque. La maison au 2 semble ne pas avoir beaucoup changé. Les volets, la grille, les fers forgés sont en bleu ciel. Il n’y a plus aucun cyprès, dommage, les enfants ne peuvent plus faire de bataille de boules de cyprès. Dans le jardin, je crois qu’il y a plus de terre qu’avant, et moins de ce carrelage façon marbre. La porte du garage est moderne. La porte d’entrée a été changée. Elle est en bois et non plus en fer forgé comme avant. 

Vue aérienne d'El Menzah et Mutu, avec les explications (Google Earth)

La maison en face, « la femme du policier », a été rénovée, avec un style moderniste. La maison est coupée en deux logements façon duplex, avec entrée séparée (escalier à l’extérieur). Au bout d’un moment un couple apparemment jeune et branché arrive et entre dans le logement du haut. On fait le tour de la maison de mon enfance. Derrière, curieusement, le terrain est encore vierge. C’est très étonnant de savoir qu’aucune maison n’a été construite dans ce quartier demandé, non loin du centre-ville. 

       

       

Marlène m’expliquera plus tard que c’est peut-être dû à un problème d’héritage. La maison a le même aspect que jadis derrière aussi, à part la couleur bleu sidi bou Saïd des volets. Un homme nous accoste. Il nous explique que la maison est habitée par des Français, les Tardi, mais qu’ils sont en voyage (dommage). Il pensait que nous voulions leur rendre visite. Je lui « raconte ma vie ». Il m’explique qu’il y avait des égyptiens avant. Lui n’habite le quartier que depuis 1987 et donc il ne nous a pas connu.

Nous allons ensuite voir la place avec le petit centre commercial, cette succession de boutiques au pied d’un immeuble. Pâtisserie, épicerie, droguerie. Et le parc en face. Il y a toujours le coiffeur où travaillait Marlène. Mais il n’y a rien écrit. Un homme est train de se faire coiffer par un autre. A El Menzah, les habitants des maisons et villas ne doivent pas être pauvre, à en juger les 4X4 et les berlines haut de gamme qu’on voit (mais il y a des voitures ordinaires aussi bien-sûr). 
Beaucoup de maisons d’habitation ont été transformées en bureau. Il y a des sièges de PME.
Il y a toujours cette agence bancaire à l’angle Charles-Nicole et av. d’EL Menzah, celle qu’on voyait du balcon arrière de la maison. Je n’ai pas regardé le nom de la banque, je ne sais pas si ça a changé. 

       

       

Sur la rue El Moëz, presqu’à l’angle avec la rue des sports, il y a une grande et belle librairie, elle n’existait pas avant. C’est là qu’on a acheté le livre pour Anne-Catherine. En face toujours « l’immeuble des Cornéa » et le « Drugstore », qui s’appelle « Touta » maintenant. Une dame chic fausse blonde tunisoise gare son 4X4 Toyota sur le parking. La rangée des 3 immeubles où habitaient les Cornéa semble toujours aussi sale et mal entretenue. Il n’y a que 2 chats errants et peu d’ordures. Pas comme avant, je me souviens de bandes de matous nombreuses. Ils éparpillaient les détritus partout et se chamaillaient.  

Vue aérienne d'El Menzah centre avec les explications (Google Earth)

Mutuelleville
Nous nous dirigeons ensuite vers Mutu et le lycée. Donc nous prenons le même trajet que j’empruntais quand j’étais en 6e, 5e et 4e. Rue Chaambi, puis le petit pont en bois au dessus du oued. Sauf que le oued n’existe plus et le fossé a été comblé. Donc plus de petit pont non plus. Ensuite c’est la traversée de la route X-2 (les routes X et X2 ont des noms depuis 25 ans mais les gens disent encore route X). Nous avons du mal à traverser tellement il y a du trafic. J’ai du mal à imaginer que je traversais seul à 12 ans. Il y avait certainement moins de voitures à l’époque. 

En face la rue Yahia Ben Omar où il y avait le vétérinaire pour Youpi (qui refusait d’aller plus loin à peine la route X traversée). Et puis la rue El Kissaï où habite toujours Marlène. La petite maison n’a pas changé. Toujours cette végétation dense. Avec 40°, on apprécie l’ombre. Dans la maison il fait 33, la clim’ est cassée. Karim n’est pas rentré de Tozeur. Le fauteuil où les gens se font coiffer a pivoté de 90°. Il regarde vers la ruelle et non plus vers le couloir et la cuisine. Marlène se propose de garder les enfants pendant qu’Agnès et moi continuons la visite de Mutu, notamment le lycée et la maison rue de l’Al Hambra. 

Le Lycée
Le gardien du lycée me laisse me promener partout mais me dit que c’est en principe interdit. Il me demande de ne pas trop traîner. Il ne voudrait pas que le directeur, absent temporairement, me voie. 


Le lycée n’a pas tellement changé, toujours la même entrée. Le bloc A, B, C a maintenant des escaliers extérieurs, côté rue. En plus des escaliers extérieurs de l’autre côté du bloc, qui avaient été construits vers 1979. Dans le grand hall sous le bloc A, B, C les murs sont blancs et décorées de vagues. J’apprendrais plus tard par Marlène que le lycée devait être un immeuble d’habitation à l’origine dans les années 60. Ce hall aurait dû donc être le parking. 

      

 

Les terrains de sport sur plusieurs paliers ont à peu près l’aspect d'antan. Au niveau 0, le terrain de basket, celui de hand ball, et un 3e petit terrain. Au niveau –1, le terrain est clôturé et fermé à clé. Il n’y a plus les paniers de basket ball adossés au mur qui fait le lien avec le niveau 0. Au niveau –2, toujours le terrain en terre battue. C’est là qu’on jouait au foot, mais il n’y a plus les cages. Au niveau –3 les terrains de volley-ball sont toujours là. Entre les niveaux –3 et –4, un gymnase. Je ne sais pas s’il existait à l’époque. Mais je sais qu’il y avait un local où on rangeait le matériel. Au niveau –4, il n’y a plus les vestiaires en préfabriqué. Le terrain vague où on jouait au rugby et où on s’exerçait au lancer de javelot a été asphalté et transformé en parking, avec des îlots plantés d’arbres. L’école primaire a gagné quelques centaines de mètres carrés. Il y a un terrain de sport où les cages sont adaptés à la taille des enfants en primaire. Il y a aussi une petite cour à part. Je suppose que c’est la cour des maternelles vu les jeux qui y sont installés et leurs tailles (les toboggans par ex. sont plus petits). Les salles de classes ne sont plus dans des préfabriqués mais dans des bâtiments en dur. Couleur beige façon sud tunisien (genre  Tataouine, Tozeur, etc.). 
Je prends des photos partout. Sur le bâtiment de la bibliothèque il y a ces trucs qui servent à s’exercer à l’escalade. 


Nous ressortons du lycée pour faire le trajet vers la rue El Hambra, je n’hésite pas une seule fois pour retrouver l’itinéraire. Dans la rue qui descend du lycée vers la place Mendès-France, les mûriers sont toujours là. Je me demande si les enfants aujourd’hui arrachent toujours les feuilles pour les donner aux vers à soie. 
Rue de l’Al Hambra : il ne reste la place plus que pour une seule maison à côté du n°6. Tout le reste est maintenant construit. Il n'y avait que trois maisons dans cette rue en 1978. 
Derrière notre ancienne maison, une rue avait été construite vers 1980. Cette rue était restée sans maisons. Aujourd'hui il y a des maisons des deux côtés de la rue, sauf devant la mosquée pour laquelle on a laissé une large esplanade. Il n'y a donc plus de terrains disponibles non plus. D’ailleurs il ne doit plus rester beaucoup de terrains constructibles à Mutuelleville. Face à la rue de l’Al Hambra, sur l’avenue Jugurtha (avenue Lesseps jusque dans les années 70), il y a une agence de la ATB (Arab Tunisian Bank). L’ironie du sort.

Vue aérienne de Mutuelleville avec les explications (Google Earth)

 

       

       

La maison au n°6 n’a pas tellement changé. Le mur entre le jardon et la rue a été surélevé. Mais cette extension a provoqué des fissures. C’est souvent comme ça quand on agrandit un mur.
Quand on arrive du lycée, on marche dans la rue Ar Rachid. Sur cette rue, avant de tourner dans la petite rue perpendiculaire à la rue de l’Al Hambra il y a un bâtiment de l’ambassade d’Arabie Saoudite. Je ne sais pas si c’est la résidence de l’ambassadeur. En tout cas, la rue devant la mosquée s’appelle rue de Riadh. 

Dans la rue de Riadh devant la mosquée, certains murs et crépis semblent salis par le temps, ce qui me fait dire que certaines maisons ont été construites dès les années 80. 
L’avenue Jugurtha se prolonge désormais au delà de la route X. En fait elle passe au-dessus sur un viaduc. La route X s’appelle maintenant le boulevard du 7 novembre. 
Suite de la visite de Mutu. Retour chez Marlène. 700 millimes de taxi pour retourner rue El-Kisaï. C’est moins cher que n’importe quel bus en Europe. A ce prix le pourboire est supérieur au prix de la course. Les taxis sont dans l’ensemble dans un état moyen, presque toujours sans air conditionné. On est loin des taxis parisiens ( Mercedes et Renault Safrane) avec tout le luxe. Mais l’essentiel est que ça roule. Chaque taxi tunisien a son numéro de licence bien en évidence. Il faut avoir le réflexe de le noter, au cas où on y oublie quelque chose. 

       

       

Retour à l’hôtel
Nous récupérons les garçons. Marlène a appelé un taxi par téléphone, en français, comme si on était en France. La Tunisie n'est plus un protectorat français depuis 50 ans mais il n'empêche. ça me fait penser aux vieux anglophones à Montréal qui s'adressent aux personnes systématiquement en anglais. A l’angle de la rue du Dr Calmette et de l’avenue Charles Nicole, une vieille voiture a calé. Il fait 40° à l’ombre. Elle ne peut plus redémarrer, il faut attendre que le moteur refroidisse. C’est la première fois que je remarque ce phénomène. La conséquence est la même que quand il fait très froid. Les Canadiens (en hiver) et les Tunisiens (en été) se partage le même genre d’ennui. Devant l’hôtel Carlton avenue Habib Bourguiba, la même chose arrivera à la voiture de Marlène. Agnès monte avec les enfants (ils sont fatigués). Je reste avec Marlène le temps que la voiture redémarre (après 20 minutes d’attente). 
La température moyenne le jour à Tunis en plein été est selon les statistiques de 32°. Difficile à croire. 32 était la valeur la plus basse observée durant le séjour. Il a fait 41 aujourd’hui après-midi. 
L’air conditionné à l’hôtel est une délivrance, un refuge par rapport au monde extérieur, un soulagement. L'autre jour, un vendeur au souk nous avait montré 4 bouteilles de 1,5 L vides, c’est ce qu’il avait bu en une journée. 6 litres d'eau.

L’hôtel Carlton a 3 étoiles. Il est propre. La façade est belle, ancienne, elle date des années 1910 mais elle est rénovée et repeinte, de style européen du début du 20e siècle, comme la plupart des immeubles de l'avenue H. Bourguiba, "l'avenue Jules-Ferry" sous les Français, quand c'était l'artère principale de la ville dite européenne. Le ménage quotidien est satisfaisant. Nouvelles savonnettes et serviettes propres tous les jours. Le petit déjeuner est copieux. Genre continental, croissants, tartines, œufs, crudités, café, thé, chocolat, etc. L’air conditionné fonctionne plus ou moins bien selon les chambres. Il faut vérifier avant. Globalement le rapport qualité/prix est satisfaisant. 34 dinar/personne. A vrai dire, c’est rien. 

 

       

       


       


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