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Sidi
Bou Saïd et
Carthage
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1:arrivée
2:Zarzis
3:Zarzis
(2)
4:Jerba
5:Matmata
6:Tataouine
7:Jerba
(2)
8:Zarzis
(3)
9:Tunis
10:Sidi
Bou/Carthage
11:Medina
12:El
Menzah/Mutu
13:Le
Bardo
14:Belvédère
15:Remarques
16:souvenirs
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Le TGM
Aujourd’hui visite de la banlieue, avec le TGM (le Tunis-Goulette-Marsa), ça va de soit. Toujours ces mêmes rames qui avaient remplacé le vieux train en bois peint en blanc vers la fin des années 70. Ce train qui semblait moderne et neuf à l’époque me semble maintenant vieux, il me fait penser aux quelques vieilles rames genre boîte de conserve grise du RER parisien, qu’on
voyait encore sur le RER. D’ailleurs les portes peuvent s’ouvrir en marche, comme pour les vieilles rames du RER C il y a quelques années. Mais le TGM est bien pratique. C’est moins de 1 dinar pour aller de Tunis aux villes de banlieue. Les plages sont à maximum 1 km de chaque arrêt. Il y a des plages partout, à La Goulette, à Carthage, à Sidi
Bou, La Marsa. Elles sont très fréquentées. Il faut y aller le matin quand les gens travaillent. Ou alors prendre la voiture pour aller là où le
TGM ne va pas
(Gammart, Rawad).
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Il
est environ dix heures, les gens qui sortent du TGM et qui se dirigent vers le centre
semblent être des employés de bureau ou des travailleurs, en tenue de ville. Les 33 degrés n’empêchent pas certain d’être en costume avec cravate. Ceux qui
attendent de monter avec nous, en direction de la côte, sont plutôt des jeunes, en short et sandales, ils vont probablement à la plage. Une rame vide arrive. Tout le monde se jette sur les portes d’une manière individualiste et égoïste. Chacun pour soi. Les jeunes ne laissent pas leur place aux femmes plus âgées. Ils ne cèdent leur place qu’aux
personnes âgées. Au plafond des ventilateurs qui pivotent pour changer d’orientation envoient de l’air un peu partout. Quand le TGM avance, avec les fenêtres ouvertes, il fait bon malgré la chaleur de l’été. Pour Sébastien, nous prenons le « RER de Tunis ». Je me rends compte que Nicolas monte pour la première fois dans un train. Il aura fallu que ce soit le TGM et non pas le RER parisien.
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Le lac de Tunis sent toujours l’œuf pourri. Je tente la blague « c’est toi qui as pété ?» sur Sébastien, celle qui enrageait Tarik il y a 30 ans. Bien-sûr, ça marche, sur un enfant de 8 ans. Je vois des oiseaux blancs sur le lac, des aigrettes garzette probablement. Le
TGM passe au dessus du petit chenal qui relie le lac à la mer, du côté du
Kram. Il y a beaucoup de pêcheurs tout le long du chenal. Je me demande s’il y a encore les nasses. J'avais
appris lors d'une sortie avec la classe comment les poissons qui allaient
vers la mer se faisaient piéger.
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Il faut 30 minutes depuis Tunis
pour rejoindre la gare de Sidi Bou Saïd. La plupart des passagers qui sont
descendus ici ne prennent pas la rue qui monte vers le centre mais celle qui
descend vers la plage. Sidi Bou Saïd n’a pas changé. C’est normal c’est censé ne pas
changer, pas plus que Montmartre à Paris. Non loin du centre, un peu plus
bas, il y a un magnifique petit parc impeccablement tenu. Il y a une petite
cascade et de nombreuses fleurs. Je ne me souviens pas d’un tel parc. Et
c'est la première fois que je vois un parc en Tunisie aussi propret, on se
croirait en Suisse.
Nous sommes lundi, il est 10h30. Il y a donc très peu de visiteurs, et peu de monde en
général.
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Au café des nattes, nous
nous permettons le luxe de choisir notre table. Ce serait impensable le
vendredi ou samedi soir. Car il n'y a pas que les touristes qui apprécient
ce lieu unique. Le café mérite sa réputation. En arable il s'appelle le
café haut. A gauche on a une magnifique vue sur le golfe de Tunis (avec le
Bou Kornine à l'horizon bien-sûr) et droit devant on a une vue complète
de la rue principale qui monte. Au loin c’est
l’Ariana. L’intérieur du café est richement décoré. Les enfants vont y faire un tour pendant
que nous parents restons assis sur une des deux petites terrasses du haut.
Comme ça fait un moment qu'ils sont dedans, j'y jette un coup d’œil. Sébastien est en pleine
conversation avec un des garçons de café. Ce dernier a construit tout seul une magnifique maquette du café, un vrai chef-d’œuvre. Sébastien adore les maquettes. Il explique
au garçon de café ce que nous faisons ici, ce que nous avons vu, où nous
habitons, etc. Il dit, en parlant du TGM, qu'à Paris il y a aussi un RER
pour se rendre en banlieue.
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Je
suis impatient de vérifier que le vendeur de bambalounis
est toujours là, juste après le café des Nattes. C'est un passage obligé pour tout
ex-Tunisois qui vient retrouver les lieux qu'il a connu. Ce petit local existe depuis 1912 d’après un des jeunes vendeurs. Je suppose qu’une majorité de gens qui vivent ou qui ont vécu à Tunis connaissent ce lieu.
J'ai hâte de sentir le goût du sucre sur l'huile encore chaude ! Les beignets sont
frits devant le client, trempés dans le sucre et servis encore brûlants. Nicolas apprécie mais Sébastien
pas trop. Vous aurez sans doute reconnu l'origine italienne du nom (encore
une influence des colons italiens) mais les bombolini en Italie sont des
boules, comme les les beignets en France, alors que les bambalounis sont de
grands anneaux (voir photo)
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Carthage

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Nous
reprenons le TGM à Sidi Bou Saïd pour descendre à Carthage/Hannibal. A ne pas confondre avec la station qui porte le nom de son père,
Carthage/Amilcar. La station n’est qu’à 200 m des thermes d’Antonin. Mais il y a les autres
sites, et ils sont plus loin, et éparpillés dans toute la ville.
A pied, avec la chaleur ça fait beaucoup, surtout pour les enfants, bien que Nicolas soit en poussette. Quelques calèches attendent à côté de la station. Pour 25 dinars, on nous propose la visite de tous les sites
à part celui des Thermes d'Antonin puisque ce dernier est sur place. Nous
pouvons prendre le temps
que nous voulons à chaque halte, le coche nous attend. Le prix est plus que
raisonnable donc nous acceptions volontiers l'offre. Les enfants sont ravis
d'une nouvelle ballade en calèche.
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C’est une
vraie calèche tirée par deux solides chevaux. Rien à voir avec celle de
Zarzis. De toutes façons tout est plus moderne ici dans la région de Tunis par rapport au sud.
Notre guide nous amène d’abord au site des villas romaines. Carthage
est sur des collines, ça monte et ça descend. Je ne vois pas comment ce
canasson à Zarzis nous aurait hissé là-haut.
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Le
site des villas romaines est grand et contient de nombreux vestiges. Il est
très bien restauré. L’entrée du palais présidentiel est juste en face, de l’autre côté de la route. On peut prendre des photos
discrètement, mais elles sont sans grand intérêt. Sur la colline du site,
on peut voir le haut du théâtre romain, celui du festival de Carthage. Derrière le théâtre, encore plus en hauteur,
il y a une énorme mosquée en construction. On dirait presque que c’est pour concurrencer la cathédrale Saint-Louis qui se trouve sur la colline en
face (la colline de Byrsa). L'étape suivante est le théâtre. Il y a le festival en ce moment. Des techniciens sont sur la
scène, en train de préparer la soirée qui s'annonce.
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On
le visite très vite. Il ne reste plus grand chose des pierres d’origine, à part les colonnes derrière la scène. Les gradins sont
presque entièrement refaits. C’était déjà comme ça en 1980. Le
site suivant au programme sont les citernes de la
Malga. L’aqueduc de Zaghouan s’arrêtait ici. C’était la réserve d’eau de Carthage. Les citernes sont en formes de cylindres couchés, percés sur le dessus de trous. Il devait y avoir des couvercles en bois à l’époque. Les Carthaginois venait
y puiser l’eau. Tout cela est de l’époque romaine, comme la plupart des ruines de Carthage vu que les Romains avaient détruit la ville punique.
Ensuite c’est l’amphithéâtre, entourée d'une petite forêt de pins. C’est là qu’avait lieu les
jeux, dont les courses de char.
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Le
tour de Carthage prend fin logiquement au site le plus long à visiter : le musée. De plus, la station du TGM n'est qu'à 500 m, un peu plus bas. Le
conducteur de la calèche nous laisse donc ici. Devant le musée, il y
a quelques ruines mais surtout la vue qui est intéressante. On voit les deux ports puniques, celui de guerre et celui de commerce, et plus loin c’est Le
Kram, la Goulette, le golfe. Le musée est attenant à l'énorme
basilique Saint-Louis construite par les Français peu de temps après le
début du protectorat. Saint-Louis est décédé non loin d'ici en 1270, en
revenant de croisade.
Le musée est très intéressant. Il faut le visiter, sans oublier celui du
Bardo, qui est encore plus grand. Ces deux musées sont indispensables quand
on fait du tourisme à Tunis et ses environs. Le nombre d'objets découverts
dans les fouilles est impressionnant, en plus des pièces de monnaies, des
objets de terre cuite, des armes et outils, on a même trouvé des vases de
verre entiers (photo ci-dessous)
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Nous terminons donc la visite de Carthage par la visite des Thermes d’Antonin,
le site le plus vaste de la Carthage romaine. C’est un moment crucial pour
moi : je vais pouvoir constater ce qu’il reste de la petite plage où,
enfant et adolescent, je me baignais si souvent avec ma famille. Un
internaute (ancien pied-noir, carthaginois de 0 à 18 ans) m'avait prévenu
par e-mail que le président Ben Ali avait élargi le cordon de sécurité
autour du palais et de ce fait condamné cette plage. Tout ce lieu a beaucoup changé. Tout d’abord, on ne peut plus continuer tout droit
avec la voiture en venant de Tunis pour descendre cette petite rue qui se
termine devant la mer. Il y a maintenant un trottoir qui barre cette rue, en forme de petite place, avec une
colonne au milieu. Et un policier en civil. Je le questionne mais il ne sait
pas grand chose. Un collègue plus âgé arrive et m'explique que c'est
comme ça depuis une bonne quinzaine d'année. Tout le quartier semble bien gardé par des policiers ou vigiles avec l’oreillette du téléphone ou du talkie-walkie dans l’oreille.
Outre le palais, il doit bien y avoir des ambassades dans ce quartier chic.
Et comme nous vivons à l'ère du terrorisme de grande envergure, tout le
monde est sur ses gardes.
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Nous
descendons à pied la petite rue vers la mer. En fait, la plage n'existe
plus du tout. Les ruines romaines qui s'étendaient jusqu'à la plage et
même dans l'eau ont été récupérées je suppose. A la place de la
plage il y a des gros rochers qui protège une petite jetée. Dessus il y
a une petite route qui mène à une entrée secondaire de la propriété
du palais présidentiel. Il est interdit d’y circuler, même à pied.
Tout a été transformé. J'ai du mal à reconnaître les lieux. L'autre
partie de la plage, celle qui est à droite si on fait face à la mer, existe toujours. C’était le côté où on allait rarement. Un panneau
indique (en arabe et en français, comme partout en Tunisie), que la pêche et la baignade sont
interdites. Ironiquement, un homme est en train de pêcher devant le panneau. Un peu plus loin un autre s’exerce à plonger dans l’eau.
Comme la jetée qui mène au palais est interdite, le policier de faction m’invite à
aller sur la partie encore accessible de la plage, et de m’avancer vers l’eau, pour mieux voir.
Les prise de photos avec l'objectif dirigé vers le palais sont
interdites. D'ailleurs des policiers sont postés sur le site ils et
vérifient discrètement que les visiteurs sont bien en train de
photographier les ruines et pas autre chose.
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