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La mission de l'ingénieur en SS2I.

SS2I : Société de Service en ingénierie informatique. Dans le domaine de l'informatique, quand deux lettres se suivent dans un acronyme, on écrit et surtout on dit "2" suivie de la lettre, sauf pour si c'est au début. Bah oui quoi on dit pas 2S2I.

Je suis informaticien, ou du moins c'est que je fais croire au patron de ma SS2I (parce qu'entre nous, pour un informaticien, il pourrait être mieux mon site web).
Mais bon, il faut surtout donner l'impression de faire bien son métier. Alors voilà comment on fait pour être un bon informaticien dans une SS2I:

* Première chose : nous ne sommes pas des salariés, mais des collaborateurs
C'est tout de suite plus sympa, non ? Et nous ne faisons pas partie du personnel, mais des ressources (humaines ou non, d'ailleurs). 

* Mais une fois face au client, attention, je deviens une compétence. C'est plus rassurant. Le commercial, pardon l'ingénieur commercial (parce qu'on est tous ingénieurs en fait), ne proposent pas des collaborateurs, ni des ressources, mais des compétences.
Pardon ! J'ai dit client ? Excusez-moi, ici, il n'y a plus que des partenaires, avec lesquels nous nouons des relations durables. 
Et on ne lui vend pas un logiciel, non, on lui fournit une solution. Solution que le partenaire aime bien volontiers maîtriser (traduisez : il voudrait se passer de nous, à terme).

* Mais dans ce cas on sait quoi faire : surtout ne pas fournir une formation complète. Nous prévoyons plutôt un accompagnement (version paternaliste) ou un transfert de compétences (version futuriste), qui sera forcément long et coûteux. La documentation que nous fournissons est très belle, avec le logo de notre société et plein de mots savants. Mais elle est loin de suffire et en réalité il n'est pas possible de reprendre en main le système sans l'aide de ses concepteurs. 

* Pour le cas ou nous devons revoir les équipements informatiques un peu vétustes de notre partenaire, et ses applications toutes pourries, nous savons ce qu'il faut dire pour ne pas le vexer : Nous lui proposons d'optimiser son système d'information. En lui assurant que nous serons toujours là pour la maintenance
En informatique, on ne répare pas, en effet, on maintient. Un peu comme un produit chimique instable, qui explose au moindre faux mouvement. 

* Mais ne croyez pas qu'on s'amuse tout les jours dans une SSII. 
C'est dangereux, le travail d'un informaticien.
D'ailleurs nous disons : partir en mission. La mission, c'est la grande classe. 
La mission évoque Sylvester Stallone ou Chuck Norris, partis en découdre dans la jungle vietnamienne. La mission, c'est l'épreuve du feu. Que vous soyez armé d'un M16 ou d'un PGI, c'est du pareil au même : il faut mouiller la chemise. Ne dit-on pas de nous, d'ailleurs, que nous intervenons chez un partenaire

* Et, du coup, nous devenons des ingénieurs terrain. C'est le seul titre qui compte.
Les autres, les non productifs comme on dit, ne sont que des gratte-papiers restés à l'arrière.

Bien-sûr il y a les patrons. On les appelle les managers. Le directeur des ressources humaines d'ailleurs, c'est le Resource manager. On utilise des mots américains, un peu comme Jean-Claude Van Damme dans ses interviews en français... 

* Un vrai informaticien ne met jamais d'ordre sur son bureau, il y laisse traîner beaucoup de papiers brouillons sur lesquels ils ont griffonné des choses incompréhensibles, ce qui donne l'impression à son chef qu'il fait bien de la programmation structurée... Pour montrer qu'on bosse parfois tard, il faut laisser traîner les gobelets à moitié plein de café froid, des assiettes en plastiques avec des croûtes de pizza. Et ne jamais jeter les vieux 01 informatique ! De toute façon, un bureau en ordre est l'apanage d'un fonctionnaire étant donné qu'il n'a que ça à faire de toute la journée. 

* Les vrais informaticiens ne portent jamais de cravate (sauf le jour de la présentation au client). Si d'aventure ils décidaient d'en mettre une quand même, l'oxygène arrivant moins facilement au cerveau, ils deviendraient dans les jours qui suivent de mauvais programmeurs, et dans le mois, des commerciaux très respectés... 

* Les vrais informaticiens évitent les chemises et préfèrent les T-shirts et chandails. Et surtout pas de 
veston : cet accessoire vestimentaire limitant de manière assez appréciable les mouvements des membres supérieurs, ils se retrouveraient dans l'impossibilité de faire des gestes brusques et violents lorsqu'ils se rendent compte que leur programme sur lequel ils viennent de passer de longues semaines de travail intensif ne tourne pas. 

* Les vrais informaticiens ne portent pas de pantalon élégant. Ils préféreront les pantalons décontractés,  beaucoup plus pratique pour éponger la moiteur de leurs mains lorsqu'ils sont hyper à la bourre.

* Les vrais informaticiens ne cirent jamais leurs chaussures. De toute façon, on n'a jamais vu quelqu'un cirer ses Baskets. 

* Les vrais informaticiens n'ont pas d'attaché-case ; leur tête suffit à transporter leurs connaissances. A la limite un sac à dos pour porter le walkman et les BD. 

* Les vrais programmeurs n'ont pour amis que d'autres vrais programmeurs, qui partagent généralement leur bureau. 

* Les vrais informaticiens n'arrivent jamais à l'heure au travail. La simple notion d'horaire est un frein considérable à l'ingéniosité et à la création dont ils doivent faire preuve dans leur travail. 

* Au sein d'une entreprise, on parque toujours les vrais informaticiens dans un ghetto nommé service informatique ou quelque chose du genre. 
Motif officiel : Leur donner l'occasion de travailler en paix. 
Motif officieux : Ne pas leur donner l'occasion de draguer les jeunes secrétaires en mini-jupes, celles-ci étant chasse gardée des jeunes requins aux dents longues que l'on nomme jeunes cadres dynamiques .

* Certains informaticiens fument. Parfois beaucoup. D'ailleurs le cendrier débordant s'accorde très bien avec le bordel qui règne sur le bureau (cf "Un vrai informaticien ne met jamais d'ordre sur son bureau").
De plus, son bureau enfumé a tendance à faire fuir les commerciaux venus s'inquiéter de l'avancement des travaux et qui ne veulent pas que leur nouveau costume Hugo Boss sente la fumée. 
A la limite, le vrai informaticien arrêtera de fumer lorsque Bill Gates aura racheté Philip Morris.

* Les vrais informaticiens n'aiment pas les langages de 4e génération où on programme soit disant en faisant glisser des objets avec la souris. Ces langages ont été créés afin que les mauvais programmeurs puissent eux aussi développer des applications gourmandes en mémoire et en temps de calcul, et ce dans le but de faire vendre un maximum de Pentium IV de plus en plus rapide. 
Les vrais informaticiens pour leur part, savent faire tourner les mêmes applications sur des petits et modestes processeurs sous Linux.

* Les vrais informaticiens détestent encore plus le HTML, ce langage qui est destiné à des non-programmeurs afin de leur donner l'impression qu'ils sont de vrais programmeurs (je dois pas être un vrai informaticien car mon site est programmé en HTML avec un peu de javascript pompé à droite et à gauche). S'ils doivent développer un site Web, les vrais informaticiens utiliseront Java, qui, étant proche du C, leur donnera l'impression de faire de la programmation système alors qu'ils sont en train de faire un site pornographique. 

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